Crédit public, crédit privé et institutions intermédiaires : monarchie française, monarchie hispanique, XVI-XVIIIe siècle

Dans l'Europe actuelle marquée par l'endettement des États sur les
finances publiques et les sociétés, des travaux d'historiens sont susceptibles
d'apporter un éclairage utile à la compréhension de ces réalités
contemporaines. C'est l'un des objectifs de ce livre qui rassemble des
communications présentées dans le cadre d'une journée d'études du CHISCO
(Centre d'Histoire Sociale et Culturelle de l'Occident, XII<sup>e</sup>-XVIII<sup>e</sup> siècles)
organisée à l'Université Paris Ouest Nanterre La Défense.
L'ouvrage analyse le rôle d'intermédiation financière joué par les
institutions entre le crédit public et le crédit privé dans les monarchies
française et hispanique de l'époque moderne. En acceptant une définition
large du terme, les institutions comprennent les compagnies d'officiers, les
corporations, la plupart des communautés territoriales telles que les États
provinciaux, les municipalités. Toutes sont, concomitamment et à des degrés
divers, dans la position d'acquéreurs vis-à-vis du crédit d'État avec les
offices, les différentes formes de fiscalisation et dans la position
d'emprunteurs à l'égard des groupes sociaux ou professionnels délimitant la
sphère du crédit privé.
Exposant des acquis récents de la recherche, les communications réunies
par Vincent Meyzie embrassent des thématiques au croisement de l'histoire
sociale des institutions, des finances publiques et du crédit : les modalités de
l'investissement des corps au service du roi et de l'État, leur accès aux
marchés du crédit, la hauteur et les formes de leurs endettements, leurs
incidences sur l'économie des offices ou la confiance des particuliers.
L'analyse de ces différents aspects conduit à reprendre, à nouveaux frais,
la question fondamentale de l'affaiblissement ou du renforcement des
institutions et des corps intermédiaires et de leur mobilisation au service du
crédit d'État.