Favoritisme et corruption à la française : petits arrangements avec la probité

Les «affaires» se succèdent, devenant parfois des scandales , laminant
toujours un peu plus la confiance des citoyens à l'égard de leurs élus
et des institutions politiques. Quand 65 % des Français considèrent
les hommes politiques comme «plutôt corrompus», on pourrait penser
que la cote d'alerte est atteinte.
Paradoxe de la démocratie française , ce n'est pas le cas. Beaucoup
s'indignent des «affaires», considérant la probité des gouvernants comme
l'un des fondements de la démocratie. Mais lorsque certains dirigeants
se jouent des règles et les orientent à leur profit, les citoyens, souvent
complaisants avec le favoritisme et les diverses formes d'arrangement,
les sanctionnent finalement peu.
Pour comprendre cette situation pour le moins contradictoire, cet
ouvrage aborde sous différents angles l'ambiguïté qui domine dans
les attitudes à l'égard de la «corruption». Il montre, en combinant
diverses enquêtes (monographies locales, expérimentations, sondages),
la multiplicité des critères de jugement sur la corruption. La politique
n'est pas seulement affaire de morale, mais aussi d'efficacité et de
confiance dans les institutions. C'est l'arbitrage complexe et mouvant
entre ces trois dimensions qui explique l'ambivalence du comportement
des électeurs et leur tolérance de fait.