Eloge de la passe : changer le sport pour changer le monde

La question n'est pas de savoir si le sport et les libertaires ont des points communs
car aussi loin que nous remontons dans la mémoire du mouvement ouvrier, sport et
anarchisme n'ont cessé de cohabiter.
L'anarchisme se propose d'organiser la totalité de la société sur de nouvelles bases. La
révolution désirée par les libertaires nécessite un citoyen (une citoyenne) conscient(e)
et préalablement formé(e) aux pratiques autogestionnaires. C'est ce qu'Emile Pouget
ou Juan Garcia Oliver appelait la gymnastique révolutionnaire : « construisons dès
aujourd'hui des organismes de défense, de solidarité qui serviront demain de bases
à la réorganisation sociale ».
Nous devons donc contribuer - dès maintenant - à mettre en place des pratiques
différentes pour tous les aspects de la vie en société, y compris dans ceux qui
paraissent les plus futiles.
Amateurs ; entraîneurs ; animateurs ; joueurs ; supporteur ; ultras ; etc. les thèses
que défendent les contributeur-e-s de ce livre sont les suivantes :
- le sport (et le football en particulier) est sclérosé et - à l'image de la société -
entièrement à refonder ;
- le sport est un des outils de libération de notre corps, aliéné par le salariat
et la publicité ;
- Le sport collectif peut servir d'apprentissage «ludique» à des relations individu /
société (individualité / action collective / ent'raide) débarrassées du pouvoir,
de l'argent et d'une hiérarchie castratrice.
- Aujourd'hui, il existe des expériences de football (ou d'autres sports collectifs)
alternatif, autogéré, antiraciste, antisexiste, etc. mises en oeuvre par des libertaires
(et d'autres).
Notre objectif est de les populariser dans les gymnases, les stades et les tribunes,
tous les terrains de jeux.