Le système Légion : un modèle d'intégration des jeunes étrangers

Quelles que soient leur religion, leur origine ethnique et leur langue, les recrues de
la Légion étrangère transcendent leurs différences pour s'unir sous une même
bannière : l'identité légionnaire.
Des jeunes de tous pays, victimes des bouleversements géostratégiques de la guerre
froide et de l'après-guerre froide, s'engagent volontairement dans la Légion
étrangère pour y servir, parfois pendant de longues années, avec «honneur et
fidélité». À l'heure de la formation d'armées multiethniques ou multiconfessionnelles
dans les Balkans, en Afghanistan ou en Irak, la Légion étrangère incarne une vision
unitaire particulière des forces armées. Dans cette institution, l'identité légionnaire
prévaut sur les identités et sur les allégeances passées des individus. On est bien
loin du cliché qui imprègne toujours l'inconscient collectif, du légionnaire criminel
endurci ou ancien combattant des régimes totalitaires, qui s'engage pour faire peau
neuve !
Aujourd'hui, réfugiés du monde communiste et postcommuniste, rescapés des
guerres récentes des Balkans et du Caucase, et laissés-pour-compte de l'implantation
de l'économie de marché en Europe de l'Est tentent leur chance à la Légion. Un sur
huit seulement sera retenu...
Cette étude à la fois sociologique et géopolitique, élaborée à partir de dizaines de
témoignages recueillis par l'auteur au sein de régiments de la Légion étrangère en
métropole et outre-mer (Guyane), analyse le processus d'intégration des jeunes
étrangers au sein de cette troupe mythique qui, près de deux cents ans après sa
création, n'a pas d'équivalent dans le monde.
Une troupe d'élite pour un modèle d'intégration...