La psychologie clinique et la profession de psychologue : (dé)qualification et (dé)formation ?

En regard de l'évolution de la place des psychologues, trois axes d'interrogation
seront suivis. Le premier portera sur la formation à/de la clinique à
l'Université et sur le statut attendu des enseignants. Il interrogera l'absence
des professionnels dans le cursus de formation. Le second concernera la psychothérapie
dans son rapport avec les fonctions de psychologues. Elle rencontrera
le problème du devenir de la psychanalyse dont on constate le déclin
en Université. Le troisième se demandera quelle serait l'organisation professionnelle
nécessaire pour autant qu'on puisse définir ses missions et ses pouvoirs.
Les dissociations, scissions et conflits qui trament la psychologie depuis
ses origines, la fragilité statutaire et professionnelle des psychologues viennent
peut-être en écho avec le mode de formation. Une formation inadéquate,
la montée en force du courant cognitiviste, le recrutement de jeunes chercheurs
hyperspécialisés cooptés en regard de leur inculture clinique et la promotion
des protocoles comportementalistes visant une orthopédie réadaptatrice
préfigurent une transformation radicale de la psychologie dans les
prochaines années. L'absence des professionnels comme force politique dans
les orientations, dans les cursus de formation, dans les lieux de décision ne
peut que conforter cette modification. La réorientation due aux forces en présence,
le changement de paradigme scientifique et la rationalisation politique
des coûts de santé publique favorise ce mouvement. Dans ce sens on peut
craindre une déqualification des psychologues venant aggraver non seulement
l'insécurité sur le terrain mais aussi la non spécificité de leurs interventions.
Ces divers points sont interrogés par les auteurs et des propositions sont
avancées pour sortir d'une impasse probable.