La résolution partielle du contrat

«Inexécution partielle = résolution partielle. La simplicité de cette équation emporte la conviction
de nombreux civilistes français qui raisonnent souvent, à propos de la résolution partielle, par
analogie avec la nullité. Mais les analogies sont parfois trompeuses. Madame Rigalle-Dumetz
nous le dit d'emblée : c'est le respect de la volonté des parties qui justifie la nullité partielle ; or
cette volonté ne peut être le critère de la résolution partielle, puisqu'en cette matière c'est la volonté
même des parties qui a été trahie par l'inexécution du contrat. Il ne saurait donc être ici question
de raisonner par analogie, et mieux vaudrait s'interroger en s'affranchissant des fausses certitudes
doctrinales, essentiellement nées de l'esthétisme de formules trop simples : l'inexécution partielle
du contrat peut-elle vraiment entraîner sa résolution partielle ?
Selon Madame Rigalle-Dumetz une réponse négative doit s'imposer [...]. S'inspirant explicitement
de la distinction mise en avant par Pascal Ancel entre la force obligatoire du contrat et son contenu
obligationnel, l'auteure soutient en effet qu'il ne peut pas y avoir de résolution partielle du contrat
parce que la résolution ne produit aucun effet sur ce contrat, mais seulement sur les
obligations qu'il engendre. Et de nous inviter à une relecture de l'article 1183 du code civil :
«La condition résolutoire est celle qui, lorsqu'elle s'accomplit, opère révocation de l'obligation, et qui remet
les choses au même état que si l'obligation n'avait pas existé», ou encore de l'article 1234
du même code qui fait de la «condition résolutoire» l'une des causes d'extinction des obligations. [...]
Au-delà de la contestation du concept de résolution partielle, c'est tout le mécanisme de la résolution
pour inexécution du contrat qui est revu de fond en comble, et le plus souvent de la manière la plus
heureuse et, paradoxalement, la plus simple.»
Prix de thèse de la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales
de l'Université de Lille II