L'esthétique relationnelle médicale

Neurologue pour l'un, psychiatre pour l'autre, les auteurs sont au quotidien dans
leur discipline respective à l'écoute des troubles et des souffrances de leurs patients.
Parallèlement, ils élaborent selon une forme artistique, une réflexion sur les points
de rencontre entre créations scientifique et artistique. Partant de l'hypothèse que
les récits d'hallucinations bénignes peuvent être dans certains cas de sensibilité du
praticien à la source d'une émotion esthétique voire d'une authentique collaboration
artistique, ils entament des recherches les autorisant à penser que le syndrome qu'ils
nomment Esthétique Relationnelle Médicale (en référence au concept d'esthétique
relationnelle tel qu'il est décrit par Nicolas Bourriaud dans le domaine de l'art
contemporain) serait lié à la sécrétion cérébrale d'une molécule : l'esthétine. Posant
d'abord des bases scientifiques, ils mettent ensuite en lumière des textes littéraires
et scientifiques ayant inspiré l'hypothèse de l'ERM, puis dédient la troisième partie
à quelques collaborations esthétiques entre médecin et patient.
«Ces nouveaux sujets de type ERM+ sont-ils artistes ? Médecins ? Analystes ?
Praticiens d'un nouveau type ? Les définitions importent finalement peu encore, en
ce début de XXI<sup>e</sup> siècle dont la culture est un paysage de strates écroulées.»