Histoire de France. Vol. 14. Louis XIV et le duc de Bourgogne

«Le duc de Bourgogne, né en 1682, n'avait rien
de son père, Monseigneur, si lourdement matériel,
rien de Louis XIV, si froidement équilibré, rien de la
maison de Savoie dont il était par son aïeule et sa
grand-mère ; il n'eut la ruse ni l'esprit politique de
cette maison. [...]
C'était un être tout factice, nerveux et cérébral,
affiné, affaibli par sa grande précocité morale et
sexuelle. Il n'était pas né mal fait ; sa taille resta
droite, tant qu'il fut dans les mains des femmes. Mais,
pendant ses études, de bonne heure elle tourna, et
il devint un peu bossu. On l'attribua à l'assiduité avec
laquelle il tenait la plume et le crayon. On essaya de
tous les moyens connus alors, des plus durs même
(la croix de fer). Mais rien n'y fit. Il en était fort triste,
ayant besoin de plaire. Rien peut-être ne contribua
plus à le contenir et à le jeter dans la grande dévotion.
Il aima, mais uniquement dans le cercle du devoir,
et n'eut d'Eucharis que la sienne, la duchesse de
Bourgogne.»