Le problème de l'architectonique dans la philosophie de Kant

La pensée (dans le sens d'une pensée disciplinée par
l'exigence critique) est, pour Kant, le lieu de fondation de
l'humanité (d'une humanité digne de ce nom, accomplie ou qui
vise son accomplissement). Dès lors, ne faut-il pas interpréter le
mouvement auto-constituant de cette pensée, la mise en oeuvre
de ses articulations architectoniques, comme l'auto-institution
même de l'homme ? Ainsi comprise, l'architectonique serait, le
plus originairement, une anthropologie, et plus précisément une
éthique. Telle est la thèse du présent ouvrage.
Ce livre montre notamment ce que les interprétations
«phénoménologiques» contemporaines, en particulier celles de
M. Richir, H. Maldiney, F. Pierobon et J. Benoist, articulées ici à
une approche proprement architectonique, peuvent apporter de
décisif pour une compréhension de Kant à la fois renouvelée,
approfondie et authentique (c'est-à-dire conforme à l'esprit de la
philosophie critique). L'oeuvre kantienne peut alors être
appréciée comme la pratique d'une certaine manière
d'«exister».