Les moissons de lumière : méditations sur les lectures hebdomadaires de la Torah

«Une lumière est semée pour le Juste, et pour les coeurs droits, joie !»
(Psaumes 97,11)». Qu'est-ce que cette mystérieuse lumière, source de joie ?
Le psalmiste se réfère à une lecture du texte biblique que nous révèle le
Midrach. Adam, le premier homme, bénéficiait d'une lumière qui lui
permettait de voir «d'un bout du monde à l'autre», la lumière toute
spirituelle du premier jour de la Création. L'Homme pouvait, grâce à cette
lumière, contempler l'ensemble de l'oeuvre divine dans son unité, et surtout
avait une claire conscience de la responsabilité insigne qui lui était
attribuée dans l'univers. Après la consommation du fruit de la connaissance
du bien et du mal, la lumière primordiale a été retirée à Adam, mais
elle n'a pas pour autant disparu. Elle est cachée, «mise en réserve pour les
Justes» enseigne le Midrach. Pour rétablir sa stature spirituelle amoindrie,
l'Homme a pour tâche de libérer la lumière des écrans opaques qui la
retiennent prisonnière. Le Juste est celui qui se consacre à cette «réparation»
du monde et prépare ainsi les moissons de lumière. C'est dans cette
perspective qu'il faut placer l'Histoire de l'Humanité, et en particulier le
récit de la gestation, de la naissance et du développement du peuple
d'Israël que nous présente la Torah.
En s'appuyant sur les textes du Midrach et sur les commentateurs aussi
bien classiques, kabbalistes que hassidiques, l'auteur révèle au fil des méditations
une des lignes de cohérence cachées du texte de l'Ecriture.