Antoine-Victor Bertal, Créon, 1817-Nice, 1895 : éloge du collectionneur : Chapelle du carmel de Libourne du 20 mai au 28 octobre 2006

Trois années avant sa disparition, en 1895, alors qu'il est âgé de 75 ans, Antoine-Victor Bertal conçoit le désir de léguer à sa ville natale de Créon (en Gironde) sa bibliothèque, ainsi qu'une imposante collection de tableaux et d'objets d'art, laissant le soin à la municipalité d'en faire un musée. Il délivre également des sommes d'argent destinées à récompenser, chaque année, des jeunes gens méritants : la première Rosière de Créon verra ainsi le jour en 1907. En assurant ainsi le devenir de la collection qu'il a patiemment composée durant toute son existence avec sa propre fortune, il sait qu'il ne disparaîtra pas tout à fait, par-delà sa propre mort. Si l'ensemble des toiles qu'il a rassemblées ne contient pas à proprement parler de chef-d'oeuvre, Bertal révèle néanmoins le goût sûr de l'amateur fervent qu'il fut, notamment pour les anciennes écoles d'Italie du XIV<sup>e</sup> au XVIII<sup>e</sup> siècle. Comme pour le cousin Pons, le touchant héros de Balzac, la recherche de chaque objet était devenue pour lui une raison de vie.
Après bien des vicissitudes, ce fonds a été déposé au musée des beaux-arts de Libourne qui a entrepris une importante campagne de restauration. L'exposition de ces peintures et dessins en 2006, au Carmel de Libourne, vient rendre un juste hommage à la douce et folle passion d'un modeste curieux qui voyait juste.