Journal de guerre : 31 juillet 1914-23 mai 1916 : texte original

Nos effectifs étaient tres réduits ; le bataillon ne comptait pas quatre cents hommes. J'avais avec moi le sous-lieutenant Marchand. qui dévait en ma compagnie faire l'Allemagne. Le secteur ne nous effrayait pas trop. Cumières, vu du haut des Caurettes, nous avait paru tranquille et pourtant, quand, sur la route, les officiers du bataillon se réunirent aux Clairs Chênes, une inexprimable angoisse nous étreignait tous. On ne montait pas impunément trois fois à Verdun ; sur douze que nous étions alors, trois sont vivants.
Verdun, c'est la guerre. La « Grande » René Lisbonne, éditeur dans la vie civile, est mobilisé avec le grade de capitaine. C'est lui qui prend le commandement du 254<sup>e</sup> RI, le 23 mai, retranché à Cumières, une des neuf villages « Mort pour la France » au cours du conflit. Son « Journal de guerre » n'avait encore jamais été publié.