L'anorexie mentale, une oeuvre occidentale

L'anorexie peut se comprendre comme un phénomène de société,
l'expression d'un mal-être et une démarche «existentielle». Cet essai
iconoclaste, qui s'appuie sur les textes écrits par des anorexiques et des
échanges avec des anorexiques, tente de mettre en évidence la spécificité
occidentale de l'anorexie. Car si spécificité occidentale de l'anorexie il y
a, il faut la chercher dans ce qui fait la spécificité même de l'Occident.
Il s'agit dès lors de quitter les sentiers battus et de voir comment les
hommes, pendant des millénaires, ont cherché à transfigurer leur vie, avant
d'interroger des représentations propres à l'identité occidentale depuis le
«génie grec», notamment sur le corps, le féminin, la «sexualité» et le vide.
Car l'anorexie est peut-être une oeuvre occidentale faisant écho à un désir
archaïque et universel de liberté et de «sentiment océanique». Mais si elle
se termine paradoxalement dans la souffrance, c'est peut-être parce qu'elle
procède de façon occidentale, c'est-à-dire dualiste et idéaliste, en opposant
l'esprit au corps.