L'arme du rire : la presse satirique radicale à Marseille, 1871-1879

Après l'effondrement du Second Empire, en septembre
1870, et l'écrasement de la Commune de Paris (mai 1871), la
France entre dans une période d'incertitudes institutionnelles,
liées à une situation politique paradoxale : l'avènement de la
«République monarchiste».
À Marseille, lieu de convergence des diverses forces
populaires et fer de lance du radicalisme, les journaux, fort
nombreux, reflètent souvent des idées teintées de socialisme
et de libre-pensée, parmi les plus avancées.
Dans le camp républicain, un courant libertaire se fait jour,
composé de jeunes gens désireux d'en découdre avec l'ordre
établi. Pour cela, ils créent, avec une remarquable pugnacité,
des feuilles dans lesquelles ils laissent libre cours à leur
fantaisie et à leurs colères, utilisant l'arme redoutable du rire.
Peu soucieux des convenances, ils n'hésitent pas à recourir à la
culture populaire marseillaise, à l'humour corrosif et jusqu'au
mauvais goût afin de porter le fer dans les flancs de la réaction,
toujours à l'affût.