Chacun peut dire je : nouvelles de la fin de l'après-guerre

Dans ces nouvelles, toute une génération peut se reconnaître,
celle qui est née après la Seconde Guerre mondiale,
a vibré en 68 pour les idéologies gauchistes qui foisonnaient
dans les universités et, en 89, bouche bée devant son poste
de télévision, a vu s'écrouler, avec la chute du mur de
Berlin, l'ordre de l'après-guerre. Entre deux voyages, une
rupture sentimentale, un colloque d'écrivains et une balade
dans Vienne, Robert Menasse nous dresse le portrait d'un
héros qui voit l'histoire s'inviter au plus intime de son
existence et croit assister en direct à l'assassinat de Kennedy,
à l'enlèvement de l'industriel Walter Palmers par la Fraction
armée rouge, ou, plus prosaïquement, à la victoire de
l'équipe de foot grecque à l'Euro 2004, etc. Chacun était
quelque part quand quelque chose se passait. Celui qui le
raconte dit "je" parce que c'est comme s'il y était. Chacun
peut dire "je".
Alliant une liberté de ton très contemporaine à l'élégance
et la légèreté de l'esprit viennois, ces nouvelles ne peuvent
que ravir le lecteur français.