Sur la plage, un homme en noir

Le portail du jardin à peine claqué,
je me précipite clopin-clopant
vers la cuisine où déjà m'attend
mon complice vêtu de noir.
Les premières heures des retrouvailles
sont toujours aussi apaisantes.
Le manque de la présence aimée,
la rage où me met sa disparition,
le silence qui toujours répond
à mes suppliques, l'épouvante
devant une insupportable solitude
s'enrobent gorgée après gorgée
d'un miel visqueux. Et voici
que se faufilent, l'une après l'autre,
toutes les douleurs un temps évanouies.
Comme autant de tentacules,
grouillent autour de vous regrets
et remords, manques, absences,
désirs d'un son de voix, d'une caresse,
questions auxquelles il ne sera
jamais plus donné de réponse.
M. V.
Marina Vlady nous livre le récit
sans concessions de sa propre
descente aux enfers, après la mort
de son compagnon.