Le Cambodge d'Adhémard Leclère (1853-1917) et le trésor indochinois d'Alençon

Esprit curieux, éclectique et autodidacte, fonctionnaire colonial aux idées larges,
praticien de la difficile langue khmère, Adhémard Leclère a parcouru la région du
Cambodge, appartenant alors à l'Indochine, de 1886 à 1911.
Grâce aux rapports qu'il entretenait avec des «informateurs» de toutes conditions
(engagés pour dettes, hommes du peuple, petits mandarins et gouverneurs,
bonzes provinciaux, ministres, princes et finalement rois khmers eux-mêmes), celui
qui se surnommait Abélard le Khmer interroge, photographie, recueille des histoires
anciennes, explore temples et ruines du passé. C'est ainsi que durant 25 ans il va
constituer une impressionnante collection d'objets, de manuscrits et de photographies.
Cette collection, conservée à la Médiathèque et au Musée des Beaux-arts et de la
Dentelle d'Alençon, sa ville natale, a longtemps été oubliée. Elle fait l'objet, depuis
quelques années, d'un grand intérêt de la part des spécialistes du Cambodge et
retrouve enfin la place qu'elle mérite.