Enquête sur la formation des élites

La guerre des cerveaux a commencé, et c'est dans
l'enseignement supérieur qu'elle se déroule en priorité.
Depuis la création du classement de Shanghai, l'excellence
universitaire est mesurable. Aux Etats-Unis, en
Grande-Bretagne et en Suisse, elle est même facilement
vérifiable et ne doit rien au hasard : dans ces trois pays, les
universités sont dynamiques, bien gérées, les professeurs
correctement payés, les étudiants sont écoutés et traités
en adultes responsables.
Mais, objectera-t-on, ces universités de rêve sont privées,
élitistes et réservées aux «riches»... Clichés, nous dit
François Garçon : ces établissements, très différents de
nos «grandes écoles» qu'ils ringardisent, sont principalement
publics et, quand ils ne sont pas gratuits, innovent
en matière de droits d'admission. La qualité universitaire
tient aussi à la rigueur dans les recrutements, à l'évaluation
des professeurs et à la gouvernance encadrée des
établissements. Or, de l'«excellence» de l'enseignement
supérieur dépend l'avenir d'un pays. L'enjeu est donc
vital.
Cette enquête comparative totalement inédite constitue
un guide précieux et très informé des universités
occidentales. Elle nous éclaire aussi sur les tares
françaises à corriger d'urgence : au lieu de fantasmer
sur le modèle américain, inexportable, notre pays devrait
s'inspirer d'autres exemples européens... A moins de
vouloir sortir définitivement de la course.