Sur la théorie phénoménologique de l'intuition. Vol. 2. La perception

L'imagination et les champs sensibles ont été les thèmes de la première
partie de notre enquête sur la théorie phénoménologique de l'intuition. La
perception, qui est le moment de la donation en chair et en os de la chose,
de l'essence individuelle qui se présente à l'intuition, le moment de la
présence, constituera notre second sujet d'interrogation. Toute la théorie
phénoménologique concentre en ce point sa tension maximale, car d'elle
dépend la cohérence de l'ensemble. Le rapport entre l'objet et la chose,
ainsi que celui entre le sujet et l'objet sont traités selon la distinction entre
la perception et l'imagination et dans la perspective d'une philosophie de
l'unité. La perception, clairement distinguée de l'imagination, redéfinit les
différents modes d'accès à l'objectivité. La réflexion husserlienne autour des
idées d'unité, de totalité et d'élément sert ici de guide à l'élaboration d'une
ontologie phénoménologique que nous ne faisons qu'indiquer, mais qui
oriente notre approche des apories de la théorie. Nous dessinerons ainsi un
panorama complexe, qui pourrait servir de fond à une ontologie formelle, une
ontologie matérielle et une ontologie du monde du vivant, que Husserl n'a
pas développée en tant que telle, mais que nous tentons de comprendre à la
lumière des nombreuses études qui lui ont été consacrées.
Aimberê Quintiliano. À partir d'observations concernant la sensibilité
et la structure générale de l'objectivité, l'auteur développe une approche
critique de la phénoménologie, à laquelle il s'est intéressé très tôt, en étudiant
Merleau-Ponty et les problèmes épistémologiques, notamment ceux de la
physique. Il cherche ainsi des fondements plus sûrs pour une philosophie
qui tente de sortir d'impasses découlant d'une prise de position idéaliste
trop radicale pour rendre compte de la sphère sensible et corporelle. Son
travail est la quête d'une plus grande ouverture philosophique, permettant
le dépassement d'alternatives traditionnelles qui cloisonnent bien souvent la
pensée, empêchant la compréhension de ce qui semble fondamental : l'unité
de l'Être. C'est au cours de son doctorat en philosophie, sur le problème de
l'objet dans la phénoménologie husserlienne, qu'il a développé les thèses sur
l'intuition présentées dans cet ouvrage.