Le lion Léopold

«Un jour de grand soleil, Nelly jouait au manège avec le
lion. Elle tenait la ficelle dans sa main, tournait en rond sur
elle-même, et le lion planait dans l'air, la tête en bas. Mais
la corde lui échappa et elle eut juste le temps de voir le
lion tomber sur le toit du garage. Elle ne pleura pas. Elle
ne courut pas non plus vers sa mère ni ne demanda au
voisin d'aller lui chercher son lion sur le toit.»
«Un jour, Léopold
prit Nelly comme
jouet et, puisque
c'était dimanche, il
la saisit avec ses
dents par le noeud
de sa belle robe,
sauta avec elle sur
le toit du garage,
l'y déposa et disparut.»
Léopold se comporte avec Nelly comme elle s'est comportée
avec lui. Nelly se rend compte alors de la peur d'être abandonné
que Léopold a dû ressentir car elle la ressent elle-même.
Elle comprend la souffrance de Léopold et trouve les mots
justes pour retrouver son amitié. La «petite guerre» qui aurait
pu les opposer ne s'est pas déclenchée. Tout enfant, tout
adulte, par son comportement, peut être un acteur de paix.
«Tous différents, tous égaux». Petit à petit à travers les siècles s'est
développée cette notion d'égalité entre tous les hommes, qui
aboutira à la «Déclaration Universelle des Droits de l'Homme» puis à
une «Convention Internationale sur les Droits de l'Enfant». Mais, dans
la réalité, rien n'est jamais acquis, il faut être vigilant. Les histoires de
cette collection voudraient rendre les enfants sensibles à l'intolérance,
au racisme et à l'exploitation des autres enfants, vieux démons
toujours prêts à ressurgir.