Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux, n° 34. Enfant tyran, parents coupables ?

Dans la constellation des enfants et adolescents qui posent problème, un groupe retient particulièrement l'attention : celui de l'enfant tyran.
Comment échapper à la facilité de désigner l'enfant tyran comme responsable des maux qu'il engendre, ou les parents comme démissionnaires et donc coupables des drames quotidiens qu'entraîne la douloureuse situation qu'ils vivent tous ? Comment dépasser les critiques contre les parents ou les enseignants traités comme responsables des méfaits de ces jeunes ?
Faut-il s'en prendre à « la société » avec toute sa charge d'anonymat ? Faut-il renforcer la discipline ou les répressions ? Les enfants dits « tyrans » ou « rois » ne reflètent-ils pas, dans leur solitude et dans leur insatisfaction permanentes, les symptômes dont souffrent de manière moins spectaculaire nombre d'individus dans nos contrées occidentales : la réduction du réseau social et de la famille élargie ?
Les intervenants en santé mentale, les thérapeutes d'enfants et de familles en particulier, sont de plus en plus sollicités par les parents ou par les institutions scolaires pour « solutionner » les débordements d'enfants décrits comme tyrans ou les vécus de rage, d'impuissance ou de culpabilité des adultes.
Dans ce Cahier , différents professionnels - psychothérapeutes, intervenants ou chercheurs - nous livrent leur manière de comprendre et d'appréhender cette problématique particulièrement complexe.