La vallée de Joux d'Auguste Reymond : photographies de 1850 à 1910

Auguste Reymond voit le jour le 4 mai 1825 au Brassus, à la Vallée de Joux. Ce fils
d'horloger, horloger lui-même, est un esprit curieux fasciné par un art nouveau né
avec lui : la photographie. Reymond a 26 ans lorsqu'il commence à photographier.
Il est donc un précurseur, véritable chimiste qui prépare lui-même ses émulsions,
fondant des pièces d'argent pour en retirer le nitrate.
La première photographie de Reymond qu'on peut dater avec certitude est celle de
l'incendie du Lieu, survenu le 18 juillet 1858. Bravant les ans, l'original qui nous est
parvenu est d'une qualité remarquable.
Déjà Reymond s'impose comme reporter-photographe. En effet, il ne se contente
pas de «tirer le portrait» de ses clients, il photographie surtout des événements : le
passage du chasse-neige, les pompiers, l'inauguration du chemin de fer, le cyclone
de 1890, la montée à l'alpage, les travaux des champs, etc.
Etabli pour quelques années à Genève, il travaille avec les grands photographes
Boissonnas et Picram. Un ancien timbre précise l'association Reymond, Gaussen & Cie,
photographie artistique Genève.
Mais l'appel de La Vallée est plus fort que celui de la ville du bout du lac.
Nous disposons ainsi, grâce à Auguste Reymond, de documents historiques et
ethnographiques inestimables, dignes des plus grands photographes de son temps.
Le regard au loin, moustache soignée, Auguste, rêveur et poète, est-il conscient
qu'il enregistre pour la postérité des scènes historiques du XIX<sup>e</sup> siècle ?
Cet artisan horloger chimiste, d'une famille aisée, nous laisse une oeuvre photographique
pleine de charme, d'inattendu et de précision.