Les briseurs de formules : les écrivains anarchistes en France à la fin du XIXe siècle

Les briseurs de formules : les écrivains anarchistes en France à la fin du XIXe siècle

Les briseurs de formules : les écrivains anarchistes en France à la fin du XIXe siècle
Éditeur: Ressouvenances
2008469 pagesISBN 9782845050655
Format: BrochéLangue : Français

Dans quelle mesure existe-t-il une littérature

anarchiste, durant l'apogée intellectuel

et social que vécut le mouvement

libertaire dans la première époque de la

III<sup>e</sup> République, passée la proscription des

communalistes ? Quelles en sont les thématiques,

les problématiques, les contradictions

? En abordant ces questions, l'auteure

fait ressortir une face méconnue, occultée,

de la fin du XIX<sup>e</sup> siècle.

Au lieu d'une minorité circonscrite et négligée,

nous rencontrons, dans le cours d'un

mouvement à la fois politique, esthétique et

philosophique, une pléiade d'individualités

passionnées, sarcastiques, utopistes, irrévérencieuses,

graves, dont les apports multiples

dialoguent avec les artistes sinon plus

avancés, du moins notoires, de leur temps.

Leurs rencontres avec les milieux naturaliste

et symboliste, non dénuées d'ambiguïté et

d'incompréhension mutuelles, constituent

cependant un moment fructueux et spécifique

de l'histoire littéraire.

L'influence des recherches et des publications

anarchistes s'étend bien au-delà

de leur participation, primordiale, à la

défense du capitaine Dreyfus. Les luttes

sociales (grèves, manifestations) et individuelles

(propagande par le fait, entre autres

dans sa pratique «terroriste» qui est la plus

célèbre) sous-tendent une critique multiforme

de la société bourgeoise et de l'État.

Avoir dégagé l'interaction entre ces deux

piliers de la civilisation dominante permit,

peut-être à la façon d'un levier, des avancées

et des anticipations dont beaucoup ne se

sont popularisées qu'un siècle plus tard.

La scission inhérente à la représentation

civile, l'illusionnisme de l'économie

capitaliste, le conformisme de l'art académique

et la nécessité d'un «art social», la

duplicité des idéaux républicains, les enjeux

d'une écriture véridique de l'Histoire et de

ses déchirements (telle la Commune de

Paris), les entraves éducatives à un épanouissement

individuel, y compris dans les

rapports amoureux - ces thèmes ont alors

été abordés, expérimentés, discutés. Ce

creuset libertaire initia ainsi un long processus

de dissolution progressive des modèles

moralistes et culturels de l'assujettissement.

Il exercera une influence directe sur les

mouvements d'avant-garde artistique du

siècle suivant (futurisme, dada, surréalisme,

et au-delà...) et plus diffuse jusque dans

l'après-1968.

La présente évocation - à la fois chronique,

commentaire, analyse d'oeuvres clefs

- montre les thèmes de cette tendance

s'entrecroiser selon différents points de vue

(culturels, théoriques, politiques, «esthétiques»,

individualistes).

Ses auteurs (Jules Vallès, Louise Michel,

Georges Darien, Charles Malato, Émile Pouget,

Bernard Lazare, Mécislas Golberg,

Séverine, André Léo, Octave Mirbeau, Jean

Grave, Sébastien Faure, Georges Eekhoud,

Zo d'Axa, Han Ryner...) polémiquent,

innovent, défrichent les chemins d'une transition

entre, d'une part, la lutte sociale contre

la misère économique et, d'autre part, la subversion

de la totalité des conditions et des

moeurs qui traduisent et reproduisent cette

misère. Longtemps bannie, contournée par

la culture institutionnelle, une époque charnière

reparaît dans son ampleur et sa créativité,

grâce à un livre-somme qui est une

contribution essentielle à son histoire.

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