
Duo de «théâtre dansé», Rosaura
marque un aboutissement dans l'élaboration
du langage scénique de
Brigitte Seth et Roser Montlló Guberna.
Un tissage de genres et de styles qui fait
intervenir sans hiérarchie théâtre, image,
musique et mouvement dansé et se prolonge
dans le multilinguisme qui les caractérise
: le passage, sans transition et sur une
même portée musicale, du castillan au français
ou au catalan. D'où leur désir d'en faire
un livre, c'est-à-dire d'y revenir tout en explorant un
médium différent.
Aborder Rosaura dans cette perspective, c'est donner
la priorité aux écritures. En effet, au texte de la
pièce, s'ajoutent des fragments de la chorégraphie. La
partition réalisée pour cette publication en notation
Benesh par Natalia Naidich apporte des indications sur
la physicalité du mouvement et la tension entre les
corps, le texte, l'espace. Les photographies de Brigitte
Eymann font valoir la qualité picturale et plastique du
spectacle. Enfin, dans un entretien, les deux artistes
reviennent sur le processus de travail et la dramaturgie.
Pensé comme un «objet de transmission», ce
livre amorce d'autres pistes de lecture et d'interprétation,
y compris pour la scène.