Trieste, une identité de frontière

Gagner, mériter, revendiquer l'identité de celui qui
n'est nulle part, c'est-à-dire d'une ville de frontière,
pôle d'attraction grâce à son dynamisme économique,
melting-pot où se côtoient la culture italienne,
la tradition germanique, l'effervescence slave,
enjeu d'un combat entre l'Italie et l'Autriche, puis
la Yougoslavie - cette ville qui «est littérature»
et que hantent les grandes figures de Svevo, de Saba
et de Joyce et de tant d'autres...
Les auteurs se sont attachés à faire le point de tous
les tiraillements linguistiques, démographiques,
politiques et culturels ayant présidé à «l'identité
de frontière» de cette fille naturelle de Vienne et
adoptive de Rome, de ce carrefour jadis stratégique
de la Mitteleuropa, nostalgique et boulimique de
ses splendeurs passées, qui reste une des capitales
littéraires du siècle et le laboratoire de l'Europe.