Le jour où le temps s'est arrêté

Nyckelberg, village suédois dans les ombres de
la guerre froide. Un jeune garçon raconte une
période décisive de sa vie. Son père, un prêcheur
dévoué, est obnubilé par la fin du monde qui
approche alors qu'il reste tant d'âmes à sauver.
Le garçon ne pense qu'à suivre les traces de son
père, au grand désespoir de sa mère qui plaide pour
une "enfance normale en survêtement". Hanté par
l'Armageddon, il se barricade derrière sa machine
à écrire pour rédiger des sermons, en commençant
par l'éloge funèbre de Viola, caissière de la
supérette locale.
Ses parents ayant disparu de manière brutale,
il comprend qu'ils ont été évacués, avec nombre
de fidèles, dans le royaume divin, et que lui-même
n'était pas assez pur pour être élu. Viola, désormais
chargée de lui, l'emmène alors en Scanie
avec le secret espoir de rencontrer Dag Hammarskjöld,
secrétaire général des Nations unies, dont
elle est tombée amoureuse.
Signant d'un livre aussi chargé d'humour que
d'élucubrations comme seul sait en élaborer un
enfant perturbé par une relation fusionnelle avec
le père - et l'on pense ici à Stig Dagerman ou Pär
Lagerkvist -, Göran Sahlberg s'annonce comme
un de ceux qui pourraient, après les très grands
des années 1960-1970, former une nouvelle génération
d'écrivains en Suède.