Les sillons d'une endurance

Dans son premier roman, Arouna Diabate met à nu sans complaisance l'une des
faces cachées de la vie sociale en milieu traditionnel dioula d'Afrique occidentale subsaharienne.
L'action se déroule en République des Maux Adoucis, un pays imaginaire
dont le décor soudano-sahélien est habilement peint.
L'auteur dénonce avec véhémence le sort impitoyable réservé à cette masse d'enfants
privés de chaleur humaine et végétant dans la misère sociale du fait de leur statut
non enviable d'orphelins. Pour surmonter les obstacles qui s'opposent à lui dans sa
quête du bonheur, Tièguélé, le héros, doit se battre inlassablement contre un conglomérat
de conspirateurs et de conspiratrices usant de façon inextricable de toutes les
stratégies les plus maléfiques, voire diaboliques.
A travers la satire de cette microsociété, Arouna Diabate dénonce un certain
nombre de fléaux sociaux, conséquences manifestes de quelques pratiques traditionnelles
parfois en vigueur (lévirat, mariage par troc, communautarisme primaire, polygamie,
charlatanisme, etc.).
Par ailleurs, l'auteur se positionne comme un défenseur d'une cause noble : celle de
l'orphelin subissant une maltraitance tacitement institutionnalisée.