L'économique revisitée : pour une plus grande profondeur de champ

Ce livre préfacé par le philosophe Stanislas Breton constitue la suite
d'une réflexion entamée dans le cadre d'un premier ouvrage, Économie
et vie spirituelle , publié chez le même éditeur. Dans la ligne des travaux
menés aux États-Unis par Robert Heilbroner et William Milberg, il
énonce que la crise dont souffre aujourd'hui l'économie mondiale -
celle que l'on enseigne tout comme celle que l'on pratique - est avant
tout une crise de la vision. Le temps des mécaniciens de l'économie, ou
celui du fine tuning , est passé. C'est désormais l'interrogation sur les
fondements - tâche apparemment inutile - qui doit être placée au premier
rang des priorités. Il est faux de penser qu'il existe une économie
pure, ou que l'objet des études économiques se caractérise par sa neutralité.
Le matériau sur lequel travaillent les économistes est constitué
en effet par deux redoutables idoles : la richesse et la puissance. Si les
hommes ne les dominent pas, ils seront dominés par elles.
Il se trouve que cette interrogation est partagée aujourd'hui, de façon
diffuse, par nombre de nos contemporains. Récemment, de retentissantes
affaires ont ébranlé leur confiance, à la fois dans les règles du jeu
et dans la moralité des opérateurs. Face à cette situation d'incertitude,
ce livre propose un diagnostic. En admettre la validité constituerait déjà
une fameuse révolution culturelle. Quant à la proposition de remèdes
appropriés, qui s'en prennent aux causes de nos maux et pas seulement
à leurs effets, cette entreprise paraît à l'auteur largement prématurée.