La vie devant elle...

Je passe mes journées dans une sorte de léthargie... seule face à moi-même,
faire à manger, le ménage, repasser même prendre une douche
me demande un effort surhumain... Je ne suis «bien» que dans ma
chambre où je ressasse sans cesse mes souvenirs et cherche à
comprendre ce mal de vivre qui m'envahit toute entière... Pourquoi
les mots tel que «Bonheur» «Amour» ne se sont pas inscrits dans le
grand livre de ma vie... Qu'ai-je à comprendre de tout cela ?
Je ne me sens plus la force de poursuivre ... Mais puis-je partir ainsi ?
Qui pourra comprendre ce qui m'a amené à cette mort prématurée, à
cet abandon ? Ai-je le droit d'abandonner mes enfants ? Que
peuvent-ils comprendre du cheminement de ma vie...de ce mal être
qui me dévore tout entière...
Ma tête bouillonne, les souvenirs se mêlent... Il faut que je raconte...
il faut que mes enfants sachent, il faut qu'ils comprennent comment
dans ma propre histoire est venue s'inscrire la leur «Nous ne
choisissons point. Notre destin choisit. Et la sagesse est de nous
montrer dignes de son choix, quel qu'il soit» Nous montrer digne et
accepter les choix de notre destin ? Difficile challenge lorsque la vie
nous apparaît hostile ou vivre est devenu insupportable...
«Il faut sans cesse et sans cesse passer par toutes les étapes de la
désillusion, se retrouver seul et toucher le fond de sa détresse. Choisir
le difficile, l'impossible, la nuit, ce qui n'est pas dit... Ecrire est à ce
prix... Vivre aussi»