Un Cubain à Paris : récit

«Je suis arrivé à Paris parlant à peine le français, bien décidé à
rentrer chez moi au bout de trois ans. Je me suis perdu dans la
ville, je suis devenu un pilier de la Cinémathèque et du théâtre
de l'Odéon. Trois ans après, je pouvais écrire à mes amis cubains :
"Paris ne m'a pas déçu."»
Ce voyage à rebours du temps commence à La Havane, en mai
1940. Devant le poste de radio, le fils du directeur du journal
El Pueblo apprend les événements qui ont mis la France à
genoux. Dix ans plus tard, à Paris, jeune journaliste, étudiant
en théâtre, Eduardo Manet va rencontrer Jean-Louis Barrault,
Yves Montand, Roger Blin, Jean Vilar, Nathalie Sarraute,
François Truffaut...
Un mélange de remords et de faiblesse le ramènera pourtant à
Cuba pour assister à l'étrange entrevue de Célia Sanchez, héroïne
de la révolution, et de Simone de Beauvoir, combattante de
la condition féminine. Huit années s'écouleront encore avant
qu'Eduardo Manet, en exil dans son propre pays, puisse enfin
écrire : «La France est mon pays. Cuba est mon calvaire.»
Après Mes années Cuba (Grasset, 2004), Eduardo Manet évoque
aujourd'hui ses «années Paris». Une éducation sentimentale et
littéraire, mais aussi une énigme : «Suis-je un Français d'origine
cubaine ou un Cubain devenu français ?»