Les yeux de l'Inquisition

Nous sommes à la fin du XVIII<sup>e</sup> siècle, en Espagne. La toute
puissante Inquisition de la péninsule ibérique poursuit
implacablement la traque des hérétiques. Les descendants des
juifs d'Espagne et du Portugal, convertis de force au
catholicisme, sont particulièrement visés. On reproche aux
marranes, tout comme aux protestants et descendants d'arabes
mal convertis, de pratiquer clandestinement les rites et traditions
bannis. La délation sollicitée et exigée est de règle ; les faits et
gestes suspects sont rapportés par crainte d'être accusés de
complicité et soumis à la question.
C'est dans ce climat de suspicion et de terreur que nous
assistons, dans une geôle de l'Inquisition, à un étrange dialogue
entre un gardien désireux de prouver son attachement à la
religion et sa loyauté envers ses employeurs et un professeur au
séminaire pontifical de Rome.
Au fil de l'échange, à mots prudents et bien pesés, il apparaît
que l'un et l'autre ont eu des ancêtres juifs convertis. Ils n'en sont
pas moins de sensibilité chrétienne, mais avec des préoccupations
bien différentes. Le professeur aspire à une église plus
généreuse, plus ouverte, plus humaine, tandis que le gardien, en
homme du peuple réaliste, songe d'abord à préserver sa famille
et à améliorer l'ordinaire.
Mais qui a dénoncé le professeur venu du Vatican ?