Profession stagiaire : enquête sur les nouveaux Ovnis (Objets vacants non intégrés) dans le monde du travail

Alors que le Contrat première embauche bouleverse la scène politique et sociale, il est urgent de
se demander qui sont ces Ovnis (Objets Vacants Non Intégrés) qui prolifèrent depuis quelques
années en France.
D'autant qu'ils sont partout.
Dans le privé ou le public, dans les entreprises et les institutions, dans les banques et les galeries
d'art, dans l'industrie et la recherche, à la télévision et jusque dans les fermes... Pas un secteur
qui n'exploite allègrement cette main-d'oeuvre souvent très qualifiée, motivée, corvéable à merci
et quasi gratuite : les stagiaires.
Mais d'où viennent-ils ? Qui sont-ils ? Comment vivent-ils ? Leurs intentions sont-elles encore
pacifiques ? Quelles sont leurs attentes, et surtout : comment cesse-t-on d'être stagiaire ?
Pour répondre à ces questions, Émilie Maume et Guillaume Evin ont interviewé des dizaines de
stagiaires, mais aussi leurs familles, les salariés qui les côtoient, des universitaires, des
sociologues, des syndicalistes.
Les auteurs mettent ainsi en lumière la perversion d'un système qui, au lieu de chercher à la
résorber, organise tranquillement la précarité, du stage au CPE.
Ils pointent notamment du doigt le scandale des subventions universitaires - attribuées par
l'État au prorata des inscrits -, lesquelles poussent entreprises et grandes écoles à multiplier les
conventions de stage de complaisance. On découvre également le prix exact à payer pour travailler
gratuitement, ainsi que les arcanes d'un fonctionnement totalement discriminant puisqu'il
exclut d'emblée ceux qui n'ont pas les moyens financiers ou le soutien familial nécessaire pour
travailler sans salaire.
En passant au crible cette nouvelle forme de «pauvreté en cols blancs», c'est toute une
génération en perte de confiance - en soi et dans le monde du travail - qui est révélée et à qui cet
ouvrage donne enfin la parole.
Des témoignages au vitriol et une enquête minutieuse au cours de laquelle les deux jeunes
auteurs dévoilent l'étendue et analysent les conséquences d'un véritable phénomène social,
syndrome masqué d'une précarité déjà en action dans le monde du travail français.