Michel Romanoff de Russie : un destin français

Michel Romanoff est le petit-neveu de Nicolas II ; il est aussi l'arrière-petit-fils
d'Alexandre II côté maternel et, par un concours d'alliances,
l'arrière-petit-fils d'Alexandre III côté paternel. Son histoire paradoxale
nous emmène de son enfance aux couleurs impériales à son engagement
volontaire dans un bataillon rouge.
Très jeune, il commence une carrière cinématographique en tant
que premier assistant aux côtés des plus grands réalisateurs du moment,
Henri-Georges Clouzot et Julien Duvivier. Mais dans un cinéma
français tout acquis à la gauche, la présence de ce descendant de tsars
dérange, et le communisme, s'il ne l'a pas subi, l'a poursuivi.
C'est à ce métier d'assistant qu'il doit ses aventures les plus
romanesques, les plus folles, les plus gigantesques aussi, comme sur
le tournage de La Bounty (de Lewis Milestone), à Tahiti, ou sur le
repérage de Marco Polo (de Christian-Jaque) en Inde et aux frontières
du Cachemire.
Michel Romanoff porte en lui à la fois une Russie dramatique, celle
de ses parents, et une Russie bucolique, celle de «niania», sa nounou
biélorusse. Empreints d'émotions, les récits des voyages sur la terre de
ses aïeux ont une saveur d'inattendu.
La Russie, si loin et si proche dans son coeur, l'aura fait réagir jusqu'à
son dernier souffle.