Espaces et parcours dans la ville, Bruxelles au XVIIIe siècle

La ville est l'un des sujets de prédilection de la recherche
actuelle en sciences humaines. L'étude des espaces qui la
constituent et des parcours qui la traversent, facteurs essentiels
pour l'appréhension de la réalité urbaine, permet de faire
émerger la structure géographique et sociologique de
Bruxelles au XVIII<sup>e</sup> siècle.
L'image de la capitale des Pays-Bas méridionaux se modifie
progressivement dès la fin du XVII<sup>e</sup> siècle, suite au bombardement
de 1695. Un parallélisme s'établit avec la capitale de
l'Empire dont dépend Bruxelles dès 1715 : Vienne, dont les
transformations urbaines, liées aux réformes institutionnelles,
sont encore perceptibles. Le pouvoir est dans la ville. Autour
de 1700, Bruxelles, qui n'est pas encore autrichienne, est parcourue
par un prince baroque venu de Bavière et dont les prétentions
à la souveraineté se manifestent, entre autres, dans
ses sorties publiques. À la fin du XVIII<sup>e</sup> siècle s'érige le quartier
Royal : riche en innovations, ce nouvel espace urbain se
révèle un dispositif hautement symbolique. La gestion du système
hydro-urbain et l'embourgeoisement progressif de rues
commerçantes, telle la rue de la Madeleine, participent à la
transformation des espaces bruxellois. La culture et les loisirs
font également de la ville un espace de sociabilité, envisagé à
travers les lieux de concerts publics et privés, le logement des
comédiens généralement à proximité des salles de spectacle,
ainsi que les parcours touristiques qui sillonnent Bruxelles.
Lieux de vie et de travail peuvent parfois se confondre, comme
en témoigne la place occupée par la gent ancillaire. La ville est
enfin un lieu d'expérimentation : un projet de destruction
d'église devient le prétexte à l'aménagement d'un nouveau
quartier paroissial.