Les villes de Basse-Egypte au Ier millénaire av. J.-C. : analyse archéologique et historique de la topographie urbaine

La multiplication récente des interventions archéologiques sur
les sites urbains de la Vallée du Nil a considérablement fait
progresser la connaissance de l'histoire des villes antiques. À partir
des informations recueillies, tant textuelles qu'archéologiques, et en
dépit de la forte disparité des données, liée aux conditions inégales
de conservation et d'exploration des sites, il nous a paru possible
d'envisager une étude des caractères morphologiques des agglomérations
dans un cadre chronologique et géographique restreint, celui
de la Basse Égypte au 1<sup>er</sup> millénaire av. J.-C. Notre objectif était de dégager
des principes généraux et récurrents d'organisation de l'espace
urbain et de repérer une évolution éventuelle de cet ordre spatial.
La majeure partie de l'ouvrage présente un choix de dossiers monographiques,
une douzaine de villes de Basse Égypte fondées ou occupées
durant le 1<sup>er</sup> millénaire av. J.-C. : Memphis, Saïs, Bouto, Athribis,
Diospolis d'aval, Mendès/Thmouis, Boubastis, Bouto d'Arabie, Tanis,
Naukratis, Daphnae des Palus et Héroonpolis/Pithom. Une synthèse
intègre ces données locales dans une perspective plus large
et transversale. Après avoir défini les limites de la documentation
et de son interprétation et procédé à une analyse comparative des
caractéristiques des sites, nous avons pu montrer en quoi la relation
entre les aires sacrées et les secteurs profanes dont sont étudiés les
éléments-types était à l'origine d'une organisation spatiale interne.
Des aménagements spécifiques à cette époque ont ainsi pu être mis
en évidence : agrandissement des sanctuaires, extension des espaces
sacrés au détriment des quartiers civils, introduction de tombes royales
ou princières à l'intérieur de l'espace sécurisé par les enceintes de
temples ou à proximité, occupations illicites des enclos religieux.