Un siècle d'Ambérieu Aviation : de la société sportive à la base aérienne 278

Été 1912. Les grandes vacances scolaires. Pour les enfants d'Ambérieu et des
environs, le camp d'aviation est un but idéal pour occuper leurs après-midi
de désoeuvrement. Ils se pressent autour des machines, auprès des pilotes et
des mécaniciens.
Parmi eux, un garçon de douze ans vient régulièrement à bicyclette du château de Saint-Maurice-de-Rémens
à quelques kilomètres de là. Dans les hangars, il ne cesse de questionner
les mécaniciens sur les caractéristiques des appareils, les moteurs rotatifs, les cellules,
les commandes. Mais ce qui l'intéresserait par-dessus tout serait de prendre son baptême
de l'air.
Un beau jour de la seconde quinzaine de juillet (selon certaines sources, le 22), il priait
Gabriel Salvez, pilote du Berthaud W conçu par son frère Pierre, de lui faire cette faveur.
L'air était calme, sans remous. Attendri, l'aviateur l'installait et lui faisait faire deux
tours de survol du terrain. Revenu au sol, l'enfant rayonnait.
Il s'appelait Antoine de Saint-Exupéry. Enthousiaste, il composait ces quelques vers :
«Les ailes frémissaient sous le souffle du soir.
Le moteur de son chant berçait l'âme endormie.
Le soleil nous frôlait de sa couleur pâle.»
Une vocation était née.
Plus tard, aux commandes de son Caudron-Renault Simoun, il atterrira souvent sur le
terrain de Bellièvre, le bien nommé.
C'est un des épisodes, parmi tant d'autres, de l'histoire séculaire d'Ambérieu-Aviation
que nous relate Georges Martin dans cet ouvrage.