Les mésaventures de Vénus : la notion de beauté dans l'art des XIXe et XXe siècles : actes de la 1re Journée doctorale d'histoire de l'art, Paris, 25 mars 2006

Synonyme de perfection, de mesure, de grâce ou de raisonnable dans
l'art gouverné par les codes hérités de la tradition gréco-latine, la notion
de beauté - dont l'icône emblématique est la Vénus de Milo - commence au
XIX<sup>e</sup> siècle à être sérieusement ébranlée. Des romantiques aux symbolistes,
n'est beau que l'étrange, le mystérieux, le surprenant ou le fantastique, issu
d'une «rencontre fortuite». On réhabilite le contrepoids du beau : la laideur. Au
début du siècle dernier les mythes de la société industrielle et l'exemple des
«arts premiers» imposent des critères esthétiques différents. Après les horreurs
de la Seconde Guerre mondiale, parler de beauté devient presque indécent.
C'est uniquement à l'aube de notre siècle que la notion de beauté fait son
retour dans le vocabulaire et les préoccupations des historiens d'art.
Sans avoir la prétention de définir l'idée de beauté dans la diversité des
théories esthétiques ou philosophiques, la première journée d'étude de
l'École doctorale Histoire de l'art de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne,
à travers des exemples particuliers d'images, d'objets ou de pratiques ancrées
dans l'histoire, retrace les Mésaventures de Vénus au cours des deux derniers
siècles.
Le caractère à la fois fédérateur et très large des questions autour du Beau
a facilité la rencontre de jeunes intervenants et de chercheurs confirmés
issus de domaines d'étude variés, qui ont pu nourrir, par leur contribution,
les cinq chapitres abordés au cours de cette journée : Une beauté autre :
du mystère à la merveille ; La beauté détournée : humour et mauvais goût ;
La beauté subterfuge : une stratégie de la résistance ; La beauté venue d'ailleurs ;
Beauté et prouesses techniques. Vers un réenchantement du monde ? Cette
diversité des participants (historiens de l'art contemporain, de l'architecture,
de la photographie ou de l'art africain) garantit une pluralité des approches
et s'inscrit dans l'articulation de l'Équipe d'accueil Histoire culturelle et sociale
de l'art (HiCSA).