De Carthage à Bagdad, le nouvel âge d'or des mercenaires

Le 1er avril 2004, les télévisions du monde entier diffusaient les
images horribles de plusieurs cadavres mutilés dont certains seront
même suspendus aux poutrelles d'un pont, en Irak : c'était ceux
de quatre Américains d'une société de sécurité privée tués par la
guérilla et qui rappelaient ainsi, brutalement, la présence de mercenaires
sur les théâtres d'opérations.
Le temps est loin, pourtant, où ces soldats privés n'étaient que des
têtes brûlées, avides d'aventure, qui se vendaient au plus offrant
dans les soubresauts de la décolonisation africaine. Aujourd'hui, la
sécurité est devenue une activité commerciale comme les autres
et une multitude d'entreprises privées se ruent sur ce marché, particulièrement
juteux puisqu'il porte sur cent milliards de dollars par
an. Présentes sur tous les fronts, en Amérique latine, en Afrique, au
Moyen-Orient, en Asie ou dans les Balkans, elles interviennent de
plus en plus dans le sillage des armées nationales et versent à leurs
employés des salaires à la hauteur des risques qu'ils courent : plus
de deux cents d'entre eux ont déjà trouvé la mort en Irak.
Quels facteurs expliquent l'avènement de ce mercenariat d'entreprise
? Quels sont ses atouts et quels dangers représente-t-il ? Son
cadre juridique est-il suffisant ? Où en est-on en France alors que
les Anglo-Saxons y recourent massivement pour soutenir leurs forces
régulières ? Est-ce une solution d'avenir et, si oui, dans quelles
conditions ?
Autant de questions auxquelles l'auteur répond pour tenter de cerner
les enjeux de la privatisation de la guerre.