Hors sexe

Après Ressort cassé publié l'an dernier, voici Hors Sexe : le deuxième
des romans publiés chez Kistemaekers en 1890, sous le titre Le
Troisième Sexe. Curieusement, alors qu'un seul titre figure sur la
couverture, l'éditeur belge a choisi de publier en un seul volume deux
intrigues distinctes, donc deux romans.
La justice, qui a intenté une action contre le livre ne semble pas s'en
être rendu compte, puisque le procureur prend ses exemples dans le
premier roman et y ajoute un dernier, provenant du second, comme s'il
s'agissait d'une seule et unique intrigue.
Il est vrai que les deux romans parlent de l'hésitation de genre et du
refus de la stricte coïncidence du genre et du sexe. C'est ce qui irrite la
justice de l'époque et c'est ce qui fait leur modernité.
Hors Sexe est un récit plus alerte et plus imagé que Le Troisième Sexe
alourdi par de longs discours théoriques. C'est pour cette raison que je
me suis autorisée à couper le volume, au risque de me le voir reprocher
par certains puristes.
La publication de ce livre obéit aussi à un intérêt sociologique. Avec
Marguerite Coppin, nous avons l'occasion de nous pencher sur l'oeuvre
d'une femme de la fin du XX<sup>e</sup> siècle, issue d'un milieu modeste, une
provinciale largement autodidacte. Dans ses livres, en creux et en plein
- je veux dire dans leurs lacunes mêmes, comme dans la fiction - on
voit les difficultés qu'éprouve une femme sans fortune et sans références
culturelles solides, quand elle essaie de vivre et de penser autrement
qu'en suivant les rails du mariage.