Le sage et la faveur : la préfectorale chez Zola et Daudet

On ne peut pas dire que les pages qui précèdent, ainsi
que les portraits que j'ai présentés dans Jour de Pluviôse ,
soient toujours très flatteuses pour le corps préfectoral et
de nature à susciter des vocations pour ce métier si particulier.
Il faut cependant reconnaître qu'exercer ces fonctions
au XIX<sup>e</sup> siècle n'a pas été chose aisée. Prenons l'exemple d'un
sous-préfet nommé en 1825, qui devient préfet 20 ans plus
tard et qui achève sa carrière vers 1860. Il aura connu les
Bourbons avec Charles X, la Monarchie de Juillet avec Louis-Philippe,
la Deuxième République et à peu près la moitié
du Second Empire. Quelle difficulté de servir tous ces régimes
très différents, surtout quand on rappelle que les trois
derniers se sont installés à la faveur d'une Révolution (1830,
1848) ou d'un coup d'État (1851) !