Essai sur le culte et les mystères de Mithra

Le culte et les mystères de Mithra s'introduisirent
à Rome, à l'époque où la République à son
déclin, après avoir réalisé l'unité du monde ancien
aux dépens des patries particulières, était mûre
déjà pour la domination de César. De tous les
points du bassin oriental de la Méditerranée,
pacifié et asservi, d'Égypte, de Syrie, de Perse et
de Chaldée, commençaient à affluer vers la capitale
les cultes orientaux et les superstitions étrangères.
Cybèle et Isis avaient précédé Mithra. Au
temps de Cicéron et de Jules César, la colonie juive
avait pris assez d'importance pour préoccuper les
hommes d'État et inquiéter le pouvoir. Bientôt,
à la suite de ces palestiniens et d'abord confondus
avec eux, les premiers disciples du Christ, précédant
l'apôtre Paul, vont aborder aux ports italiens
et prendre pied sur ce sol, où, quatre siècles
plus tard, l'emblème de la croix couvrira l'empire
de son ombre. Il semble que toutes ces religions
d'Orient aient, dès lors, l'obscur pressentiment que
l'unité politique prépare la voie à l'unité morale
et que dans cette ville, abrégé de tous les peuples,
rendez-vous de toutes les croyances et de toutes les
superstitions, va s'élaborer la crise religieuse qui
doit donner au monde un Dieu universel.