De toutes mes forces

«Paul, quand donc écriras-tu tes mémoires ?» Cette question maintes fois posée a fini par trouver la réponse. Le «grand Paul», tel est son surnom, a enfin pris la plume.
Paul Malnoë est né en 1918, a traversé le siècle et l'histoire du syndicalisme dans une ville mondialement connue pour ses paquebots : Saint-Nazaire.
Chaudronnier aux chantiers de construction navale, il s'engage dès 1936 dans l'action syndicale. Il fonde avec ses amis la CGT-Force ouvrière au lendemain de la guerre.
Militant dans l'âme quelles que fussent ses responsabilités - secrétaire de l'union locale et secrétaire des métaux -, il revient sur ces années 50, marquées à Saint-Nazaire par les longues grèves des chantiers. Son témoignage n'est pas un plaidoyer ouvriériste ni un regard nostalgique sur un passé révolu de sa vie militante. Inlassablement, Paul Malnoë regarde vers l'avenir au travers de son vécu et ceci sans aucune complaisance. Le lecteur découvrira un homme attachant, sincère dans ses propos hauts en couleur : un être profondément anticlérical mais qui n'est pas un anticatholique, un antistalinien mais qui ne sera pas un anticommuniste. Son franc-parler légendaire - sa grande gueule diront certains - nous livre ses réflexions sur sa vie avec un langage direct, rude parfois, mais aussi avec beaucoup de tendresse quand il évoque sa mère et son enfance.
A partir de ses expériences, de son action entièrement tournée vers le syndicalisme, il scrute «un monde qui a changé, peut-être pas comme [il l'aurait] voulu».
Malnoë, chez qui «syndicalisme» est toute sa vie, a choisi de raconter cette existence. Série d'images offertes avec générosité au lecteur. Cette même générosité envers les autres qui a guidé sa vie.