Histoire du Moyen Age. Vol. 3. XIIe-XIIIe siècles

En observant l'homme médiéval sous un angle sociologique,
ce troisième volume de l'Histoire du Moyen Âge traite des
modifications profondes qui le touchent : recul du lignage,
installation du modèle «conjugal» comme cellule essentielle
de la vie et évolution de la condition féminine.
L'esprit et la culture ne sont toutefois pas en reste durant
cette période : les langues vulgaires deviennent le véhicule
d'une culture littéraire écrite, l'essor des écoles urbaines
- non liées aux monastères - et l'apparition des premières
universités (Paris, Bologne, Oxford, etc.) permettent l'émergence
d'un «humanisme» nouveau, synthèse fragile de la
foi et de la raison.
Aux XII<sup>e</sup> et XIII<sup>e</sup> siècles, l'Église évolue vers une certaine
stabilisation : elle se rapproche du pouvoir, tout en continuant
à mettre l'accent sur la prépondérance du spirituel par
rapport au temporel. Face à cela, des mouvements religieux
populaires mettent bientôt en cause sa puissance et sa
richesse. Mais la menace la plus sérieuse envers l'Église
sera la poussée du catharisme. Le pape réagira d'abord par
le fer, en luttant de façon acharnée contre les cathares (la
«croisade des Albigeois», notamment), puis en réintégrant
au sein du catholicisme des mouvements religieux populaires.
C'est dans ce contexte qu'apparaîtra à Assise un
groupe de pénitents conduits par le fils d'un marchand,
François... Enfin, petit à petit, la chrétienté concentrera ses
efforts sur la reconquête intérieure, dont le premier témoin
et animateur sera saint Bernard.