L'évasion de Fresnes

«Le crépitement d'une rafale de mitraillette au loin
le réveille en sursaut, bientôt suivi d'une déflagration qui fait
vibrer les murs de sa piaule. D'un bond, Nino saute du lit
et se jette sur son kit, prêt à l'emploi. Il attrape une boule
de la taille d'un poignet, s'appuie sur la canalisation d'eau
chaude pour atteindre la fenêtre, écrase la charge contre
les mailles du grillage qui empêche l'accès aux barreaux.
Il a deux trous à faire avant de pouvoir s'échapper.
La première explosion ne passera pas inaperçue, attirera
même peut-être à lui les gardiens. À cette pensée furtive,
Nino hausse les épaules. Si les matons approchent de la cellule
numéro 9, de toute façon, ils n'en détiennent pas les clefs.
Au mieux, ils se contenteront de regarder, impuissants.»
Le 12 mars 2003, avant le lever du soleil, le détenu particulièrement
signalé Antonio Ferrara s'est échappé de la maison d'arrêt de Fresnes.
Cette nuit-là, la prison réputée la plus sécurisée de France a été
braquée par un commando d'une dizaine d'hommes, lourdement
armés, qui n'a rien laissé au hasard. Une scène de guerre pour les
uns, une histoire d'amitié pour les autres...
Pour la première fois, l'évasion la plus spectaculaire de ces dernières
années est racontée de l'intérieur.