Un gars de Rochefort

« ... la grande armoire penderie où, serrés les uns contre les autres, sentant la blanchisserie et l'humidité, se tenaient sa robe de mariage, le costume habillé d'Henri, ses tenues militaires de sortie, quelques robes d'été, d'autres plus sombres et au tissu plus épais, son manteau de fourrure, qu'Henri lui avait acheté à Marseille, où ils sortaient parfois le soir, quand les enfants eurent quitté la maison. Une grande partie de leur histoire pendait, sur des cintres, dans cette armoire. Toutes ces années étaient enfermées dans cette grande prison de bois sombre, qui semblait se pencher sur Francette. Elle eut peur et ferma les yeux. »
La vie d'Henri Magloire est à l'image de la Charente-Maritime, discrète et habillée de rêves. Une vie entre deux eaux, l'eau douce de la rivière Charente et l'eau salée de l'Océan, mais aussi l'eau avec laquelle, marin-pompier à Brest et à Marseille, Henri s'est efforcé d'éteindre les feux allumés par les hommes et, à la fin de sa vie, cette autre eau, le vin, qui l'a emporté.