La jeune fille et l'oiseau : théâtre

La Jeune fille et l'oiseau est un long texte poème dialogué,
qui vient nous parler de l'inceste. Drame humain où l'enfant
innocent est pris dans un mal indicible, auquel la violence
persiste à hanter le devenir, jetant dans toutes ses interactions
un trouble opaque, dont la lumière est l'issue improbable.
En cela, ce qui s'y joue est une Tragédie.
Hagneia et Nomos, jeunes amants au sens shakespearien
du terme, abordent ce drame comme l'enjeu essentiel du
devenir de leur couple. Ils doivent passer cette épreuve du
feu, et surmonter tous ses écueils.
La force de leur amour, la quête spirituelle, sont les seules
armes de la jeune fille.
La blessure de l'inceste est si profonde, que cheminant
entre révolte et Pardon, Hagneia peu à peu se fraie un chemin
vers la vie et la vérité, dans une démarche quasi christique.
La Jeune fille et l'oiseau est une pièce coup de poing à
l'écriture sauvage, parce qu'elle renferme en elle-même la
complexité et les méandres de la problématique incestuelle.
Chacun l'entend dans toute la diversité de sens qu'elle
explore, comme s'il fallait traverser ensemble les affres et les
allers-retours infernaux inhérents à ce que ce drame recèle de
confusion et de fusion mortifère.
L'instant, le fragile sont percutés par l'immuable et l'intemporel.
C'est la langue qui souffle le tragique depuis la nuit des
temps, c'est la langue qui nous entraîne aussi dans le ravage,
le chaos, pour atteindre le dépassement.
Là où la pensée est sidérée, arrêtée, ce texte élargit notre
prisme, met en mouvement par la parole.
Texte subversif pour certains, protégé par une opacité
presque membraneuse, le rendant paradoxalement inviolable,
virginal.
Il ne peut être réduit ni enfermé dans aucune
interprétation, il est par la métaphore et la poésie,
définitivement libre.