Le coureur de papillons

«Quand je vais à Saint-Malo, et que je
m'arrête devant cette porte d'entrée, toujours
munie de son battant, je ferme les yeux... alors,
je pousse la porte de ma mémoire !»
Malouin d'origine, Gérard Périoux,
né le 5 février 1942, est déposé les jours
suivants chez une famille nourricière, par
Raymonde, sa maman. Il y reçoit amour et
tendresse, jusqu'à l'âge de 5-6 ans, période
à laquelle sa mère revient, et le reprend.
Brimades, vexations, humiliations, coups et sévices sont, dès lors,
le lot quotidien du gamin. Placé à 6 ans à l'orphelinat, il y mène une
vie de petit prisonnier. A 14 ans, sa mère le déscolarise, et l'enfant
devient chaudronnier. La dureté du métier n'émeut pas Raymonde,
qui ne cesse de lui infliger, avec une rare violence, des coups et de
pénibles corvées à l'épicerie familiale. Après une jeunesse chaotique
et disloquée, l'adolescent s'engage à 17 ans dans la Marine Nationale,
et s'en va voguer sur le « Clémenceau ». Revenu à la vie civile, ce marin
dans l'âme exerce différentes professions, se marie, a trois enfants.
En 1971 sa mère, qu'il n'a cessé d'aimer, décède. Un monde
s'écroule ! En 1999, à l'âge de 57 ans, Gérard découvre un
terrible secret, secret qui le hante toujours mais qu'il a
décidé d'élucider.
«C'est devenu obsessionnel, presque insupportable, mais
vital. Je suis comme un enfant qui se masque le regard de
ses petites mains pour ne pas affronter une vision terrifiante,
mais écarte ses doigts pour voir quand même ! Je veux savoir,
simplement savoir...»