Musique et spectacle : le théâtre lyrique arabe : esquisse d'un itinéraire (1847-1975)

Depuis ses origines, le théâtre arabe ne parvient pas à se
situer dans l'univers lyrique de plein pied. Le processus
d'appropriation d'un théâtre cosmopolite infiniment plus
musical qu'il n'y paraît aujourd'hui, a d'une part maintenu
les caractéristiques du genre, et d'autre part rejoint le
courant européen, notamment français, de dévitalisation
musicale de cet art. Les polémiques persistantes quant à la
démarcation des genres et la définition des formes, les
adaptations peu réussies du répertoire universel, l'influence
des modèles européens et américains, les difficultés
techniques relevant de l'instrumentation et de l'écriture
vocale, les déficiences de la formation et le manque de
financement, enfin l'industrialisation du spectacle, ont
oeuvré pour que cette forme d'expression n'élabore un
procédé cohérent. Tantôt lyrique tantôt dramatique, sérieux
ou populaire, satirique ou de revue, le théâtre lyrique arabe
n'a pas cessé de rechercher une structure particulière qui
diffère des modèles exogènes, l'opéra en particulier, par un
mélange d'éléments parfois composites, une sorte de
synthèse d'éléments locaux et étrangers.