Revue internationale des sciences sociales, n° 173. Les savoirs autochtones

La Revue internationale des sciences sociales, créée en 1949 par l'UNESCO, est publiée en cinq langues : anglais, français, arabe, chinois et russe. Une version en espagnol se trouve sur internet, au site www.unesco.org/issj.
Elle vise à rapprocher les communautés de spécialistes des sciences sociales, et à porter devant un public international des informations et des discussions en sciences sociales, déjà familières aux milieux spécialisés.
Chaque livraison est consacrée à un thème particulier. Les articles de chaque livraison sont commandés par le rédacteur en chef en collaboration avec un conseiller de la rédaction pour le numéro. Des manuscrits non commandés peuvent aussi être pris en considération, paraissant sous les rubriques «Tribune libre», «Le milieu des sciences sociales» (articles sur des questions professionnelles dans le domaine des sciences sociales) et «Dossiers ouverts» (articles faisant suite à des échanges de vues thématiques antérieurs). Pour plus d'informations au sujet des abonnements, voir la troisième de couverture.
Au milieu des années quatre-vingt-dix, la Fondation américaine pour les sciences, les instituts nationaux de la santé des Etats-Unis et l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) ont lancé un partenariat d'un genre nouveau. Les International Cooperative Biodiversity Groups (ICBG) ont cherché à réunir des chercheurs universitaires, des sociétés pharmaceutiques, des organisations non gouvernementales et des représentants des peuples autochtones dans un consortium pour recenser des matériels génétiques et biochimiques pouvant s'avérer rentables. Ce projet se proposait également de mettre en place des mécanismes novateurs conçus pour partager avec les peuples autochtones les bénéfices attendus d'une sélection précise de composés rentables. En dépit du caractère prestigieux des noms et des institutions, les résultats de l'initiative ne sont guère convaincants, c'est le moins qu'on puisse dire, et ils n'ont pas été très profitables aux peuples autochtones.
L'une des raisons essentielles est que l'on ne s'est pas suffisamment penché sur la question fondamentale, qui porte sur la façon d'envisager les connaissances autochtones dans leur rapport au pouvoir. Les articles du présent numéro analysent cette question, appelant à porter une attention accrue aux contextes dans lesquels vivent les peuples autochtones, se forgent les connaissances autochtones et se produisent les interactions entre les prétendus autochtones/locaux et les soi-disant scientifiques/modernes. Par ailleurs, ils insistent sur la nécessité d'accorder plus d'attention et de mieux comprendre les relations politiques souvent remplacées à tort par des catégories conceptuelles simplistes. De tels changements dans la manière de voir pourraient être à l'origine d'une plus grande incertitude en ce qui concerne l'évolution sociale et les changements dans les relations politiques : les articles du présent numéro ont été écrits en faveur de cette indétermination et de ces changements dans des relations asymétriques.