Divagations

Il s'agit là des accidents qui endommagent un
esprit hanté dans la psychose par un temps et un
espace obsédants. Paysages désertés par leurs
formes et leurs couleurs. Pensées décomposantes
qui harcèlent ce moi souvent rapetissé dans son
corps jusqu'aux dernières sensations, ou agrandi
subitement selon le souffle anonyme des témoins
de son vertige. Si bien accoutumé à son angoisse
qu'il ne sollicite pas de répit entre ces accidents
qui, seuls, le font advenir à sa subjectivité.
Son ultime vision - le «quelque chose» (le
résidu de ses pensées, les vestiges de son corps)
sans-image et sans-couleur, ou l'angoisse toute
enveloppante qui l'avale dans les empires du
tréfonds. Souveraineté est due à cette brisée aussi
haute que peut l'être l'existence - ici la fureur de la
peur comme une puissance qui rafle tout.
Ainsi avance et recule le sujet de débandade en
dégringolade. Et lorsqu'il aura fait le tour de ses
catastrophes, il ne lui restera qu'à reprendre un
autre tour. De nouvelles profondeurs, pourtant
si proches, recommençant de le séduire en ses
hantises.